VEILLEUSES D'OCEANS

 

Cette exposition de photographies est née de notre rencontre avec Léni Whitford, artiste peintre engagée. Nous suivons son travail depuis ses débuts et avons collaboré sur plusieurs projets artistiques comme la réalisation de différents portraits lui servant de point de départ pour son travail ainsi que des reproductions photographiques de ses toiles.

 

Sa dernière œuvre, un kimono peint aux couleurs des océans en détresse, nous a inspiré un projet ambitieux : proposer à des femmes inspirantes de porter ce kimono comme symbole de leur engagement pour la sauvegarde des mers et océans.

 

 

Nous vous proposons de découvrir les visages et les parcours de ces femmes extraordinaires, nos Veilleuses d’Océans.

 









Léni WHITFORD - Artiste peintre


Ma démarche artistique

Mon travail explore les liens entre l’art, l’écologie et la condition humaine à travers des œuvres qui questionnent notre rapport au monde marin et à la consommation. Le kimono peint incarne le cri de souffrance de l’océan. Sa surface est un récit visuel : les vagues, la faune marine prisonnière de filets, et au fond, les déchets qui s’accumulent. Ce vêtement traditionnel, symbole de raffinement et de culture, devient ici une toile engagée, une métaphore de la beauté menacée et du déséquilibre que nous infligeons à notre environnement. Les sushis confectionnés à partir de mes propres déchets prolongent ce message. En imitant l’apparence de mets délicats, ils révèlent avec ironie et gravité l’intrusion du plastique dans notre chaîne alimentaire. L’objet banal et séduisant devient ainsi un support de réflexion sur l’empoisonnement invisible qui touche la mer et, par ricochet, l’être humain. Ces deux œuvres se rejoignent dans un projet pictural : « On Top of the Food Chain », un tableau où une geisha, figure de l’élégance et de la tradition, porte ce kimono et consomme ses propres déchets métamorphosés en sushis. La scène incarne la boucle perverse de notre époque : l’humanité, au sommet de la chaîne alimentaire, finit par s’autodévorer à travers ce qu’elle a produit et rejeté.

Mon intention est d’alerter, de provoquer une prise de conscience par l’esthétique et le symbole. L’art devient un miroir : il montre avec poésie mais sans détour l’impact destructeur de nos habitudes, et invite à repenser notre relation avec le vivant et la mer, source essentielle de vie.

 

 

Pourquoi prêter ce kimono ?

Ce kimono peint est bien plus qu’un vêtement : il est le symbole de la souffrance des océans et de la fragilité de la vie marine face à nos excès. J’ai choisi de le prêter afin qu’il soit porté par des femmes engagées dans la sauvegarde du monde marin, qu’elles soient scientifiques, activistes, sportives, politiques, donatrices ou militantes. En l’endossant, ces femmes deviennent porteuses d’un message universel : celui de la responsabilité et de la transmission. Le kimono agit comme un fil conducteur, reliant l’art et l’action, l’émotion et la science, la poésie et le combat. À travers l’exposition photo, chaque portrait raconte une histoire singulière et collective à la fois : celle de femmes qui se battent pour préserver la mer, et celle de l’océan qui appelle à l’aide. Mon souhait est que cette rencontre entre l’art et l’engagement donne plus de force encore à leurs voix et invite le public à agir pour protéger ce bien commun essentiel à la vie.